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CENTENAIRE
DE LA PREMIÈRE GUERRE MONDIALE.
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Les
opérations militaires dans le secteur de Masevaux en 1914.
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période étudiée s'étend d'août à décembre 1914.
Le territoire
considéré est celui du Groupement de Masevaux, soit l’amont de Masevaux
jusqu’au Ballon d’Alsace et l’aval jusqu’à Mortzwiller, Guewenheim,
Roderen et Aspach-le-Haut. (carte
ci-dessous.)
Les noms
de lieux sont transcrits selon leur forme et orthographe actuelles.
Les encarts sur fond
gris entre les chapitres indiquent les événements de la guerre sur les
autres théâtres d'opération.
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La vallée de Masevaux est située au cœur du conflit
qui oppose la France et l’Allemagne. Du sommet du Ballon d’Alsace à
Guewenheim, la plupart des communes touchent la frontière qui, depuis
1871, sépare l’Empire Allemand de la République Française. En 1914, les
habitants de la vallée sont citoyens allemands depuis 43 ans. Très peu
d’entre eux parlent le français.
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Soldats
français au sommet du Ballon d'Alsace où passe la frontière
franco-allemande de 1871.
Sur
la borne au premier plan, la lettre D [pour
Deutschland] indique le côté
allemand.
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Le 31 juillet à 12 heures,
l’empereur Guillaume II décrète l'état de danger de guerre [Kriegsgefahrzustand]
et, le 1er août, donne
l’ordre de mobilisation générale. Par trains entiers, les hommes de 22
à 38 ans quittent la vallée pour rejoindre les centres de mobilisation
de l'armée allemande.
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Stratégies allemande et française.
Lorsque le 3 août 1914 la guerre est déclarée entre la
France et l’Allemagne, la stratégie allemande ne prévoit pas de porter
ses efforts sur la frontière du sud de l’Alsace. La vallée de Masevaux
est faiblement défendue : pas de troupes dans la haute vallée,
seulement quelques douaniers et gendarmes, et de très faibles effectifs
dans la basse-vallée.
En revanche, l’état-major français a planifié une pénétration en Haute
Alsace destinée à prendre Mulhouse, Colmar et Sélestat, puis à
s’emparer des ponts sur le Rhin. Cette avancée doit constituer l’aile
droite de l’offensive majeure sur la frontière en Lorraine, en
direction de Sarrebourg et Morhange.
Préparation de l'offensive française.
Sous l'autorité du
général Thévenet, l’attaque française est activement préparée à
Belfort, place forte où se concentrent les troupes et dans les
localités environnantes proches de la frontière.
Le 4 août, une patrouille de 5 chasseurs à cheval commandée par le
lieutenant de Ruppierre, partie de Giromagny passe la frontière en
amont de Riervescemont, et évitant Sewen, descend la vallée au galop
vers sept heures du soir. A Oberbruck, un gendarme allemand prend la
fuite à la vue des cavaliers. A Niederbruck, la route étant barrée par
des platanes abattus, la patrouille emprunte la voie de chemin de fer.
L'entrée Nord-Ouest de Masevaux est fermée par une barricade de
branchages et de madriers recouverts de terre. Les Français se
retrouvent sous le feu nourri de l'infanterie allemande. Le lieutenant
de Ruppierre est atteint d'une balle qui lui traverse la cuisse. La
patrouille se replie et remonte la vallée jusqu'à Sewen où elle est
rejointe par un peloton de chasseurs saxons. A la faveur de la nuit
noire, les Français réussissent à rallier Riervescemont où ils font
leur rapport à minuit.
Le 5 août, une autre patrouille arrive jusqu'à Lauw où les chasseurs
français tuent 5 cavaliers allemands.
Du
2 au 6 août, la zone frontière est également reconnue par une
escadrille de Breguet biplaces ; ces avions ont survolé à 1300 m
d'altitude les environs de Soppe-le-Haut ainsi que la haute-vallée.
Le 6 août, une section de 11 sapeurs commandés par le lieutenant
Careaux et le sergent-major Perrin fait une incursion en territoire
ennemi sur le ban de Masevaux. Ce commando a pour mission de détruire
la tour d’observation allemande qui s'élève au sommet du Sudel* pour
surveiller les mouvements autour de Belfort.
La
tour n’est pas occupée par les Allemands : en moins de 3
heures, les sapeurs scient les pieds de la construction puis brûlent la
tour abattue avant de se retirer vers Belfort. * sommet
(altitude 915 m) à 2,5 km au sud-ouest de Masevaux.
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La tour d'observation du
Sudel.
La photo représente un
premier observatoire érigé en 1911 et détruit en octobre 1913 par des
activistes de Rougemont-le-Château.
D'après le plan relevé par
le sergent-major Perrin, la tour détruite en août 1914 était une
pyramide tronquée d'environ 50 m de hauteur et dont la base
rectangulaire mesurait approximativement 20 m x 15
m.
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| Chronologie de la guerre : |
- 1eraoût :
l'Allemagne déclare la guerre à la Russie.
- 2 août : mobilisation générale
en France. L'Allemagne envahit le Luxembourg.
- 3 août : l'Allemagne déclare la
guerre à la France et à la Belgique et envahit la Belgique.
- 4 août : le Royaume-Uni déclare
la guerre à l'Allemagne.
- 6 août : l'Autriche-Hongrie
déclare la guerre à la Russie.
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1.
Du 7 au 25 août 1914 : le chassé-croisé des offensives.
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Première offensive française.
Le vendredi 7 août à l’aube, l’offensive française,
mobilisant 19 000 hommes et commandée par le général Bonneau, est
déclenchée sur un front de 24 km de large allant d’Altkirch à Thann.
C’est au 3e Bataillon du 42e
RI de Giromagny qu’est assignée la prise de Masevaux. Les troupes
franchissent la crête par le col des Sept Chemins et le Col de la
Fennematt et se
dirigent vers Masevaux par le Lochberg et le Bruckenwald. Dans la
matinée, les pantalons rouges entrent dans le bourg par Stoecken sans
coup férir. Les jours précédents, les Allemands avaient fait abattre
des platanes pour barrer la route de Rougemont au niveau du cimetière
et fait sauter les réserves de poudre près du Grambaechle, mais se sont
retirés avant l’arrivée des Français. Viennent ensuite le 11e
Chasseurs à cheval, un peloton cycliste et des éléments du 172e
RI.
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L'arrivée des troupes
françaises à Masevaux.
Les cartes postales montrent
des reconstitutions de l'événement. La date indiquée est erronée (6
août au lieu de 7 août.)
Des chasseurs à cheval sur
la place du marché.
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Les poilus ont formé les faisceaux dans la cour de
l'école des filles.
Vue prise en 1915 quand
l'école abritait une ambulance. [hôpital temporaire]
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Soldats devant la mairie
de Masevaux.
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En début d’après-midi, Lauw et Sentheim sont investis sans heurts. Les
quelques Allemands qui tenaient un petit poste à Sentheim l’ont
abandonné.
A Guewenheim sont cantonnés des uhlans de Mulhouse qui patrouillent le
long de la frontière. Ils font abattre des arbres pour barrer la route
de Soppe et ordonnent d’élever une barricade avec du matériel agricole
entre l'église et la gare, mais finalement, ils se replient avant
l’arrivée d'un millier de Français du 35e RI qui
entrent dans le village dans l’après-midi du 7 août, l’arme à la
bretelle. Le lendemain, ces troupes repartent en direction de
Michelbach, après avoir capturé un premier prisonnier, en fait un
Alsacien de Soultz qui a déserté les rangs allemands.
Le matin du même jour, Soppe-le-Bas est pris après une échauffourée qui
oppose l'avant-garde française à des cavaliers allemands. Aspach-le-Bas
est également investi par des troupes françaises venues de la vallée de
Thann.
Les jours suivants, les villages de la vallée voient passer plusieurs
régiments français qui avancent vers l’Est. Le 9 août, plus de 2000
hommes cantonnent à Sentheim.
Le 8 août, Mulhouse est prise, première grande ville d'Alsace
reconquise.
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Premier repli français.
Mais la VIIe armée allemande du général von
Heeringen prépare la contre-attaque. Un train blindé de huit wagons
fait la navette entre Müllheim et l'Île-Napoléon, concentrant
l'infanterie dans la forêt de la Hardt aux abords de Mulhouse. Le 9
août, de 17 heures à 20 heures, la bataille fait rage. Les troupes
françaises doivent se replier, abandonnant le terrain conquis.
Le 10 août, on se bat dans le secteur Oelenberg / Burnhaupt /
Schweighouse / Aspach. A Aspach-le-Bas, après des bombardements
destructeurs, retour violent des soldats allemands qui traitent les
habitants en ennemis alors qu'ils sont leurs concitoyens. Le 11 août,
les combats approchent de Guewenheim tandis que soldats et matériel
refluent vers la frontière par Sentheim et par Soppe-le-Haut, protégés
par des dragons venus de Belfort pour couvrir la retraite.
Le 13 août, alors que se déroule sur le front de Montreux-Vieux /
Chavannes-sur-l'Etang la sanglante bataille qui empêche les Allemands
de pénétrer en France, l’avant-vallée de la Doller et le vallon du
Soultzbach sont à nouveau occupés par les Allemands. Ces
derniers
se retranchent au
nord de Guewenheim sur le coteau couvert de vignes
dont ils replient les piquets à l’oblique pour faire obstacle à la
cavalerie. Et sur la colline du Grueth*, ils installent de
l’artillerie qui bombarde Lauw où les Français se sont maintenus. * entre Guewenheim et
Michelbach, au nord du camping actuel.
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Seconde offensive française.
Le flux et reflux des deux armées ennemies continue
sans délai. En effet, le général Joffre ordonne le rassemblement d'une
force bien plus importante, l’Armée d’Alsace, qui, avec ses 115 000
combattants placés sous les ordres du général Pau, doit reprendre
immédiatement l’offensive en Haute-Alsace.
Le 14 août, entre 2 heures et 5 heures du matin, plusieurs centaines de
chasseurs alpins, dans leur tenue bleu foncé* caractéristique,
descendent au trot la haute-vallée en direction de Masevaux. C'est le
28e bataillon commandé par le lieutenant-colonel Brissaud-Desmaillet,
élément précurseur
de la 41e division de l’Armée d’Alsace. Regroupé
à Masevaux vers midi, il repart ensuite vers Roderen. Le chef d’une
patrouille de 4 uhlans qui surveillent l’avancée des Français est tué
d’un coup de feu. * en raison de cette
couleur, les villageois locaux les appelaient "die Schwartzen" [les
noirs]
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Passage
d'une unité française à Masevaux.
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Le même jour, l’infanterie française est à Sentheim. Les jours
suivants, plus de 3000 hommes sont dans ce village. Le 15 août,
Guewenheim est à nouveau aux mains des troupes françaises. Parmi elles,
des éléments du Train qui transportent des bateaux et du matériel de
pontage prévus pour traverser le Rhin. Aspach-le-Bas est également
réoccupée par les Français en route vers le Nord.
Les jours suivants, l’avancée de l’Armée d’Alsace semble irrésistible.
Le 18 août, elle atteint la ligne Tagsdorf / Hochstatt/
Morschwiller-le-Bas / Wittelsheim et, le 19 août, elle occupe Mulhouse
pour la deuxième fois. Plus au nord, les faubourgs de Colmar sont
atteints.
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Second repli français.
Mais, pendant ce temps, en Lorraine, c’est l’échec de
l’offensive : du 21 au 23 août, la France perd la bataille des
frontières. Les Ière, IIe, IIIe et IVe Armées sont obligées de se
replier si bien que l’Armée d’Alsace se retrouve dangereusement en
pointe. Au même moment, toutes les forces françaises sont nécessaires
pour endiguer l’avancée allemande vers Paris. Le commandement
français renonce à l’occupation de l’Alsace qui ne présente pour
l’heure pas d’intérêt militaire. Il se résout à abandonner de son plein
gré le terrain conquis et à ne conserver en avant de la frontière de
1871 que des effectifs limités pour protéger la trouée de Belfort et
barrer l’accès aux vallées vosgiennes.
L’Armée d’Alsace est disloquée
et le gros de ses troupes transporté vers Paris et la Somme. A nouveau,
Mulhouse est évacuée et les troupes se retirent vers Belfort et les
Vosges. Guewenheim et Sentheim voient repartir les Français. A
Guewenheim, leur retraite est tellement précipitée que les soldats
n’ont pas le temps de manger la soupe du soir que les roulantes
distribuent à pleines marmites aux civils.
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| Chronologie de la guerre : |
- du 5 au 23 août : violents
combats en Belgique opposant les troupes allemandes aux armées belges,
françaises et britanniques.
- 14 août : bataille de Lorraine :
offensive française vers Morhange et Sarrebourg.
- 17 août : offensive russe contre
la Prusse Orientale.
- 21 au 23 août : la France perd
la bataille des frontières.
- 24 août : début de la retraite
des armées françaises et britanniques. Le Nord de la France est envahi.
- 25 août : la bataille de
Lorraine se termine par un statu quo.
- 26 août : victoire des Allemands
face aux Russes à Tannenberg.
- 31 août : poursuite de la
retraite franco-britannique. Les Allemands sont à Compiègne. Le
gouvernement français se replie à Bordeaux.
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2.
Fin août à fin septembre 1914 : l'incertitude.
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Pendant qu’au nord de Paris et sur la Marne
se déroulent des batailles cruciales, les grandes opérations cessent
sur le front de Haute-Alsace. Malgré le calme relatif, la vallée de
Masevaux vit dans l’insécurité et l’incertitude. Le va-et-vient
incessant des troupes pendant plusieurs semaines engendre à l'égard des
Français le doute, voire la défiance, qu’aggravent des mesures brutales
comme les réquisitions, l’arrestation d'otages et l'emprisonnement de
suspects : fonctionnaires allemands, personnes originaires d’outre-Rhin
ou habitants soupçonnés de germanophilie.
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Le no man's land.
Les Allemands ne réoccupent pas tous les villages
évacués par les Français. Ils se tiennent sur une ligne
Burnhaupt-le-Haut / Pont d’Aspach / le Kahlberg* / Aspach-le-Bas. Avec
le retour des Allemands le 6 septembre, ce village change d'occupants
pour la quatrième fois depuis un mois.
*colline
située entre Aspach-le-Bas et Pont d'Aspach qui contrôle
les routes vers Cernay, Masevaux, Mulhouse et Belfort.
De
leur côté, les Français contrôlent Mortzwiller, Lauw,
Bourbach-le-Haut, Bourbach-le-Bas.
Entre ces deux lignes : Sentheim, Guewenheim, Rammersmatt, Michelbach,
Roderen font partie d’une zone tampon où les belligérants ne
s'aventurent que sporadiquement.
Les 9 et 10 septembre, la Brigade Active de Belfort et un bataillon du
172e RI avec deux batteries de 75, passant par Soppe-le-Haut,
Guewenheim, Michelbach, Roderen et Leimbach, se portent au secours de
Thann en empêchant les Allemands de tourner Vieux-Thann par le sud. Sur
leur lancée, les Français occupent le Kahlberg et Pont d'Aspach, mais
dès le 11 septembre, par une violente contre-attaque, les Allemands
reprennent leurs positions.
Pour la basse-vallée, c'est le retour au statut de no man's land où les
patrouilles des deux camps s’épient et se livrent à des escarmouches
lors de rencontres fortuites.
Certaines sont meurtrières : ainsi le 24 septembre, une
patrouille de 16 cyclistes allemands qui revient de Sentheim tombe dans
une embuscade française à l’entrée Ouest de Guewenheim. Deux Allemand
sont tués, cinq blessés et sept faits prisonniers ; un rescapé rejoint
son unité à Burnhaup t. Les Allemands soupçonnent les civils du village
de complicité avec les Français. Une jeune fille de 19 ans, que des
témoins avaient vue en conversation avec les soldats français, est
dénoncée aux Allemands, arrêtée, traduite devant le conseil de guerre
et emprisonnée en Allemagne*. * libérée en
1918, elle est décorée de la Croix de guerre.
Les deux camps se disputent également les hommes
qui relèvent du Landsturm [réservistes allemands de 17 à 45 ans.] Quand le 15 septembre, les
Allemands veulent mobiliser ceux de Guewenheim, ils arrivent trop
tard : les Français les ont déjà fait partir vers la
haute-vallée. Le 16 septembre, les mobilisables du Landsturm des
villages sous contrôle français (environ 1200 hommes), traités en
prisonniers de guerre, sont forcés de partir à Bussang d’où ils sont envoyés dans le sud
de la France. La vallée est vidée d'une grande partie de ses forces
vives : les hommes de 20 à 38 ans mobilisés par les Allemands, ceux de
17 à 20 ans et de 39 à 45 ans internés par les Français.
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| Chronologie de la guerre : |
- 4 septembre : les Allemands occupent Reims
et atteignent la Marne.
- 5 au 10 septembre : bataille de
la Marne. L'offensive allemande est stoppée.
- 9 au 13 septembre : les
Allemands se replient sur l'Aisne.
- 8 septembre : victoire allemande
contre les Russes en Pologne. Repli russe.
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3.
Fin septembre à fin octobre : installation du groupement de
Masevaux.
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A partir de la fin septembre, le
commandement français met en place une organisation destinée à
pérenniser la présence française dans les territoires alsaciens
reconquis. Sous
l’appellation "Groupement de Masevaux", un Bataillon* de marche du 172e
RI, un Bataillon du 43e RIT** et deux compagnies
de douaniers*** sont chargés de la garde du Ballon d’Alsace et de la
défense de la vallée de Masevaux.
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* En 1914, un
régiment d'infanterie (3400 hommes) est divisé en 3 bataillons de 1120
hommes. Un bataillon comprend 4 compagnies de 280 hommes. Une compagnie
réunit 4 sections de 70 hommes, chacune comprenant 2 demi-sections,
dirigées par un sergent. Un caporal dirige une escouade de 15 soldats.
** RIT :
régiment d’infanterie territoriale : c'est une unité composée d'hommes
âgés de 34 à 49 ans, considérés comme trop âgés pour intégrer un
régiment de première ligne d’active ou de réserve. Le 43e RIT
rassemble, à côté d'une majorité de Vosgiens, des Lyonnais, des
Francs-Comtois et quelques Alsaciens
*** jusqu'en
1945, les douaniers étaient des militaires.
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Effectifs et occupation du terrain.
Sous les ordres du Chef de Bataillon Borie*, secondé par 42 officiers,
le groupement compte environ 2200 hommes. Il s’agit de fantassins, d’un
peloton cycliste de 20 hommes et d’une section de mitrailleuses
Hotchkiss. Pour le transport des munitions, bagages et vivres, le
groupement est doté de 13 voitures hippomobiles (dont une médicale) et
de 34 chevaux ainsi que d’une automobile avec son chauffeur. Ordres et
rapports sont transmis par téléphone (un poste central à Masevaux,
d’autres postes au Ballon d’Alsace et à Oberbruck), par cyclistes et
par une estafette à moto. Les approvisionnements
sont assurés depuis la gare de Lachapelle-sous-Rougemont, sauf pour les
troupes du Ballon d’Alsace qui sont ravitaillées depuis Saint-Maurice
sur Moselle.
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Pierre Louis Jean Borie (1865-1943)
Né
à Brive-la-Gaillarde (Corrèze), Louis Borie devance l'appel de sa
classe et gravit tous les échelons de la hiérarchie. Sergent-major en
1888, il entre à l'École militaire d'infanterie d'où il sort
sous-lieutenant en 1891. Capitaine en 1901, il est Chef de Bataillon
quand la guerre éclate. En poste sur le front d'Alsace jusqu'en février
1915, il participe ensuite à l'expédition de Salonique et se bat en
Macédoine, Serbie et Albanie. Il revient sur le front ouest en août
1918 avec le grade de lieutenant-colonel. Après la guerre, il est
commandant de l'École militaire d'infanterie de Saint-Maixent. Général
de brigade en 1923, il est commandeur de la Légion d'Honneur.
(Photo prise à Masevaux
en 1914 par Jeanne Wehling, petite-fille de l'industriel Isidore André,
mise à disposition par M. Daniel Willmé.)
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Le commandant Louis Borie.
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Lors de l’installation du groupement le 26 septembre, la répartition
des unités est la suivante :
- 3 compagnies du
bataillon du 43e RIT avec état-major du
bataillon au Ballon d’Alsace (commandant Jude).
- 1 compagnie du
bataillon du 43e RIT à Sewen.
- 1 peloton aux Plaines. [près de la ferme du Wissgrut]
-
2 compagnies du
bataillon de marche du 172e
RI à Masevaux avec état-major du
bataillon (commandant Borie).
-
2
compagnies du bataillon de marche du 172e
RI à Lauw.
-
1 poste sur la route de
Sentheim, au niveau du pont routier et du pont du chemin de fer sur la
Doller. Ce détachement prépare la destruction des deux ponts qui
doivent être dynamités en cas d’attaque ennemie.
-
1 poste à Mortzwiller
en contact avec les troupes de Lachapelle-sous-Rougemont.
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2 compagnies de
douaniers : l’une à Masevaux (capitaine Dentz), l’autre à Niederbruck
(capitaine Canard).
Le
13 octobre, le bataillon du 172e RI
rentre à Belfort, remplacé par un bataillon du 49e
RIT (commandant Laniel).
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| Sur un fond de
carte actuel, le territoire du groupement de Masevaux. Il est délimité
à l'ouest et au sud par la frontière, au Nord par la ligne de crête du
Rossberg et à l'Est par le No man's land. Son flanc droit est constitué
par les troupes de Belfort avancées jusqu'au vallon du Soultzbach et
aux abords de Burnhaupt, son flanc gauche par les unités basées à Thann
qui visent Steinbach, Cernay et les Aspach.
Origine du fond de carte
: Google Maps. |