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Nota : A l'inverse de
la graphie d'André Nisslé et
du système d'écriture ORTHAL, Émile Storck transcrit le son
dit "a suédois" par la lettre "a" tandis
qu'il représente le "a" normal ouvert par "à".
Toti
Bletter.
Toti
Bletter, verstreit uf em Wàg !
Letschdi warmi Oktowertag,
letschdi sunnigi Stunde !
In de Paffekàpple im Hag
blüetet d’ Natür ihrni Starwesklag
üs hundert purpurne Wunde.
Toti
Bletter, verstreit uf em Sand !
Farwetràim üs em Jugendland
sin verwischt un verbliche.
Nur noch brün un gàl isch der Wald,
un der Wind isch mithi scho kalt
iwer de Gipfel gstriche.
Toti
Bletter, vum Wind verwàiht !
Was der Bode an Làwe tràit
müess wider zruck in der Bode.
Allerseele isch nim so wit.
Wart nur ! bis in’re kurze Zit
tràit mer dich oi zu de Tote.
Émile Storck.
(extrait
de "Melodie uf der Panfleet. Heimet – Pays natal."
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Emile
Storck. Emile
Storck naît en 1899 à Guebwiller. Élève de l'École Normale
d'instituteurs de Colmar, il est mobilisé dans l'armée
allemande en 1917. Après
la guerre, Émile Storck reprend ses études et obtient
l'agrégation d'allemand. Il enseigne cette langue dans diverses
régions de France. En
1949, il est nommé à l'École Normale d'institutrices de
Guebwiller, sa ville natale où il enseigne l'allemand jusqu'à sa retraite
en 1965. Ses élèves gardent de lui le souvenir d'un
érudit humaniste d'une grande simplicité. C'est
pendant cette dernière période qu'Émile Storck se met à la
littérature. Il est l'auteur de 200 poésies en alsacien ainsi
que de pièces de théâtre, parmi lesquelles "Mathis
Nithart" qui retrace le destin de Matthias Grünewald, le
peintre du Retable d'Issenheim, confronté à la Guerre des
Paysans. Émile
Storck a laissé également des traductions en alsacien de
poèmes de Baudelaire et de Verlaine. Le
frère d'Émile, Joseph Storck, (1897-1989) grand résistant et
"Juste parmi les nations" a été professeur,
proviseur, inspecteur d'académie du Haut-Rhin et maire de
Guebwiller. |